Avec la publication du décret du 18 mars 2026 et de l’arrêté fixant le cahier des charges national, la prévention de la perte d’autonomie franchit une étape importante en France. Le programme est piloté au niveau national, mis en œuvre par les ARS, et vise les personnes de 60 ans et plus vivant à domicile, encore autonomes, avec une attention particulière portée aux publics les plus à risque.
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ICOPE : un cadre structurant pour repérer plus tôt
Développé par l’OMS, ICOPE s’inscrit dans une logique de prévention précoce fondée sur le suivi des capacités intrinsèques. L’approche cible notamment six fonctions essentielles : la locomotion, l’état nutritionnel, la santé mentale, la cognition, l’audition et la vision.
Sur le papier, l’ambition est claire : repérer plus tôt pour agir plus tôt.
Mais sur le terrain, une question reste entière : que se passe-t-il après le repérage ?
Le vrai défi n’est plus le test, mais ce qu’on en fait
Le repérage est indispensable. Mais il ne produit d’impact que s’il s’inscrit dans une suite logique :
- une lecture des résultats,
- une évaluation complémentaire si nécessaire,
- une orientation pertinente,
- un accompagnement dans la durée.
Autrement dit, le succès d’ICOPE ne dépendra pas seulement du nombre de tests réalisés. Il dépendra surtout de la capacité des territoires et des professionnels à transformer un signal de fragilité en action concrète.
C’est là que les difficultés de terrain apparaissent le plus nettement :
- des personnes qui réalisent un repérage sans savoir quoi faire ensuite,
- des professionnels qui manquent de visibilité sur les suivis engagés,
- des organisations qui peinent à articuler sanitaire, social et médico-social,
- des publics fragiles ou peu à l’aise avec le numérique qui risquent de rester à l’écart.
Le sujet n’est donc pas uniquement de déployer un outil de dépistage.
Le sujet est de rendre la prévention lisible, suivie et exploitable.
Le numérique peut aider à condition de simplifier
Le numérique n’a pas vocation à ajouter une couche de complexité. Il doit au contraire rendre la prévention plus lisible et plus praticable.
Un bon outil numérique de prévention doit permettre au minimum :
- de faciliter le repérage,
- de conserver l’historique des évaluations,
- de rendre les informations accessibles aux bons professionnels,
- d’aider à la continuité entre auto-évaluation, accompagnement et suivi.
Autrement dit, le bon outil n’est pas seulement celui qui pose les bonnes questions. C’est celui qui aide à créer un lien entre repérage, suivi et accompagnement.
ICOPE & Moi : un outil qui évolue du repérage individuel vers le suivi accompagné
C’est précisément dans cette logique que s’inscrit ICOPE & Moi, l’application proposée par Telegrafik.
L’outil permet aux usagers de réaliser une auto-évaluation simple et de suivre dans le temps l’évolution de leurs capacités. Cette première brique est utile, car elle facilite l’entrée dans une démarche de prévention.
Mais l’évolution récente est particulièrement intéressante : l’ouverture de la plateforme aux professionnels de santé, avec la possibilité de suivre les dossiers des usagers et de les accompagner dans la complétion des évaluations, notamment via l’hétéro-évaluation. Selon tes éléments internes, cette évolution répond directement à un frein majeur : jusqu’ici, les démarches reposaient surtout sur l’autonomie de l’usager, ce qui pouvait bloquer les personnes les plus dépendantes ou les moins à l’aise avec les outils numériques.
C’est là que l’outil change de nature.
On ne parle plus seulement d’une application que l’usager remplit seul.
On parle d’un support qui peut aussi devenir un outil de suivi accompagné.
Ce que cette évolution change concrètement
Cette évolution apporte plusieurs bénéfices très concrets.
D’abord, elle rend la démarche plus accessible à des publics qui, sinon, risqueraient de rester à l’écart.
Ensuite, elle permet au professionnel de ne pas intervenir uniquement après coup. Il peut suivre, accompagner, contextualiser les réponses et mieux comprendre la situation de l’usager.
Enfin, elle renforce la continuité du parcours. Le repérage ne reste pas un acte isolé ; il devient un point d’entrée plus exploitable dans une démarche de prévention.
C’est un changement important, parce qu’il répond à une réalité simple : en prévention, ce n’est pas seulement le test qui compte. C’est la capacité à organiser ce qui vient après.
Un positionnement cohérent avec celui de Telegrafik
L’intérêt de cette évolution est aussi qu’elle s’inscrit dans le positionnement plus large de Telegrafik : connecter les outils, les données et les acteurs au service de la prévention, de la coordination et de la prise de décision autour des usagers professionnels. Cette logique se retrouve aussi dans le référencement d’ICOPE & Moi dans Mon Espace Santé, annoncé par Telegrafik en 2025.
C’est un point important, car il montre que le sujet n’est pas seulement applicatif.
Le sujet est bien celui de l’intégration du repérage dans un environnement plus large de suivi et d’accompagnement.
Ce que la réussite d’ICOPE va vraiment tester
Le cadre existe désormais. Les outils progressent. Les usages commencent à se structurer.
Le vrai test des prochains mois sera donc moins de prouver qu’ICOPE est utile que de vérifier s’il peut devenir, partout en France, un réflexe simple, coordonné et réellement opérationnel.
Parce qu’en matière de prévention de la perte d’autonomie, repérer est une première étape.
Mais la valeur réelle se joue ensuite : dans l’évaluation, dans l’orientation, dans l’accompagnement, et dans la capacité collective à éviter qu’un signal faible reste sans suite.

