Maintien à domicile : faut-il encore équiper tous les bénéficiaires de la même manière ?

Les besoins d'une personne âgée à domicile ne sont jamais totalement figés. Une chute, une hospitalisation, une diminution de la mobilité ou, au contraire, un retour progressif à l'autonomie peuvent modifier sa situation en quelques semaines.

Pourtant, les solutions connectées sont encore souvent pensées au moment de leur installation.

Faut-il alors définir dès le départ l’ensemble des équipements dont une personne pourrait avoir besoin ? Ou construire un dispositif capable d’évoluer avec elle ?

Pour les acteurs du maintien à domicile, et notamment les Centres de Ressources Territoriaux (CRT), l’enjeu est double : proposer le bon niveau d’accompagnement aujourd’hui, tout en conservant la capacité de l’adapter demain

À domicile, les besoins ne sont ni uniformes ni définitifs

Deux personnes du même âge et présentant un niveau d’autonomie comparable n’auront pas nécessairement besoin du même accompagnement.

Pour l’une, la priorité sera de sécuriser le risque de chute. Pour une autre, l’attention pourra porter sur le sommeil ou l’activité nocturne. Pour une troisième, il sera davantage question de suivre l’évolution de son activité ou de sécuriser ses sorties.

La réponse doit donc partir de la situation de la personne, de son environnement et des risques identifiés par les professionnels.

Mais cette première évaluation ne suffit pas. Quelques mois plus tard, une hospitalisation, une nouvelle fragilité ou une amélioration de l’autonomie peuvent modifier les priorités.

La question n’est donc pas seulement « de quoi cette personne a-t-elle besoin aujourd’hui ? », mais également « serons-nous capables d’adapter son accompagnement demain ? »

Le bon équipement n’est pas forcément le plus complet

Face à des situations susceptibles d’évoluer, il peut être tentant d’anticiper les risques en installant dès le départ un maximum d’équipements.

Mais équiper davantage ne signifie pas nécessairement mieux accompagner.

L’enjeu consiste plutôt à trouver le niveau de réponse pertinent à un instant donné : suffisamment complet pour répondre aux besoins identifiés, mais suffisamment souple pour pouvoir évoluer.

C’est notamment la logique retenue avec OTONO-ME, la solution de télévigilance de Telegrafik. Différents dispositifs peuvent être associés en fonction de la situation pour répondre à des besoins de sécurisation, d’analyse de l’activité, de suivi du sommeil, des sorties du domicile ou encore de certaines constantes.

Une configuration peut ainsi être enrichie lorsqu’un nouveau besoin apparaît. À l’inverse, un équipement devenu moins pertinent peut être retiré.

Cette modularité permet de sortir d’une logique de « pack » identique pour tous au profit d’un dispositif construit autour de la personne.

Le choix technologique vient après l’analyse du besoin, et non l’inverse.

Adapter l’accompagnement suppose d’abord de détecter ce qui change

La modularité des équipements ne répond cependant qu’à une partie du sujet. Encore faut-il identifier qu’une situation est en train d’évoluer.

Les visites à domicile et les échanges avec la personne, ses proches ou les professionnels restent essentiels. Mais certaines transformations sont progressives et peuvent être difficiles à percevoir entre deux interventions.

Une personne sort moins qu’auparavant. Ses levers nocturnes deviennent plus fréquents. Son temps passé au lit augmente. Son rythme quotidien se décale progressivement.

Pris isolément, ces événements ne permettent pas de tirer de conclusion. Observés dans la durée, ils peuvent en revanche faire apparaître une évolution qui mérite l’attention.

C’est là que la télévigilance peut compléter l’observation des professionnels. Les données recueillies par les dispositifs OTONO-me sont analysées par la plateforme Telegrafik afin de mettre en évidence certaines anomalies ou modifications des habitudes de vie.

L’objectif n’est pas d’établir un diagnostic à partir d’une donnée, mais de permettre aux équipes de disposer d’informations supplémentaires pour comprendre une situation.

La technologie détecte une évolution, le professionnel lui donne du sens

Cette distinction est essentielle.

Des levers nocturnes plus fréquents peuvent avoir de multiples explications. Une diminution de l’activité également. Une technologie ne peut pas déterminer seule ce que ces changements signifient pour une personne donnée.

Elle peut en revanche permettre de les objectiver.

C’est ensuite au professionnel de croiser cette information avec ce qu’il connaît du bénéficiaire : son état général, ses traitements, les observations réalisées au domicile, les transmissions d’autres intervenants ou encore les retours de ses proches.

La donnée devient alors un élément parmi d’autres pour décider s’il est nécessaire d’approfondir la situation ou d’adapter l’accompagnement.

La technologie ne se substitue donc pas à l’expertise des professionnels. Elle leur donne une vision complémentaire de ce qui se passe entre deux interventions.

Pour les CRT, l’enjeu est aussi de partager la bonne information

Cette approche prend une dimension supplémentaire dans le fonctionnement d’un CRT.

Une personne accompagnée à domicile peut être entourée d’un coordinateur, d’un service autonomie à domicile, de professionnels de santé, d’aidants ou encore d’un opérateur de téléassistance. Chacun détient une partie de l’information nécessaire à la compréhension de sa situation.

La capacité à détecter une évolution n’a donc réellement de valeur que si l’information utile peut être intégrée au fonctionnement des équipes et rapprochée des autres éléments disponibles.

C’est pourquoi la modularité technologique ne peut être dissociée des enjeux de coordination et d’interopérabilité.

La plateforme Telegrafik s’inscrit dans cette logique : permettre aux professionnels d’accéder aux informations dont ils ont besoin et faciliter leur intégration avec les outils et organisations déjà en place.

Pour découvrir concrètement comment un CRT articule outils numériques, télévigilance et organisation des équipes, le replay du webinaire consacré aux usages numériques des CRT est disponible dans les ressources Telegrafik.

Passer de l’équipement du domicile à l’accompagnement du parcours de vie

Finalement, la question n’est pas de savoir combien de capteurs doivent être installés au domicile d’une personne.

Elle est de savoir si la solution mise en place est adaptée à sa situation aujourd’hui et pourra évoluer lorsque ses besoins changeront.

Cela suppose de pouvoir choisir les dispositifs pertinents, de détecter les évolutions des habitudes de vie et de donner aux professionnels les informations nécessaires pour décider d’une éventuelle adaptation.

On ne raisonne alors plus seulement en termes d’équipement du domicile, mais d’accompagnement du parcours de vie.

La technologie ne doit pas figer l’accompagnement. Elle doit lui permettre d’évoluer avec la personne.

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